Dans une TPE ou une PME, la santé mentale n’est pas un sujet périphérique. Quand un salarié s’épuise, quand un manager décroche ou quand le dirigeant ne peut plus absorber la pression, c’est tout l’équilibre de l’entreprise qui peut être fragilisé. Prévenir, c’est protéger les personnes, mais aussi la continuité et la robustesse de l’organisation.
Un risque encore trop souvent invisible
Selon l’étude 2026 de Malakoff Humanis, les troubles psychologiques représentent 37,8 % des arrêts de plus de 30 jours en 2025. Plus préoccupant encore : un salarié concerné sur deux n’ose pas parler de sa santé mentale dans son entreprise.
Dans les structures de moins de 50 salariés, la situation est particulière : peu de niveaux hiérarchiques, des relations directes, mais souvent peu de ressources RH et parfois aucun CSE opérationnel. La proximité peut créer de la confiance ; elle peut aussi rendre plus difficile la prise de recul, l’expression d’une difficulté ou la recherche d’une solution extérieure.
Le dirigeant aussi doit pouvoir être entendu
Le dirigeant de TPE/PME est souvent le premier soutien de ses équipes… et le dernier à demander de l’aide pour lui-même.
Les travaux de la chaire Malakoff Humanis – EMLyon montrent que près d’un dirigeant de TPE/PME sur quatre présente un bien-être mental dégradé. Pression économique, responsabilités, isolement décisionnel et difficulté à déconnecter peuvent fragiliser celui ou celle sur qui repose une grande partie de l’entreprise. La santé du dirigeant devient alors aussi un enjeu de continuité d’activité.
Prévenir, détecter, orienter : activer les bonnes compétences
Notre rôle n’est pas de transformer l’entreprise en cabinet de psychologie, ni le manager en thérapeute. Il est d’aider à repérer les signaux faibles, libérer la parole, identifier les facteurs de risque liés au travail et savoir orienter vers les interlocuteurs compétents. Notre certification PSSM Premiers Secours en Santé Mentale s’inscrit dans cette logique de détection, d’écoute et d’orientation.
Pour une TPE ou une PME, ne pas disposer de toutes les compétences en interne n’est pas une faiblesse. L’enjeu est de savoir activer le bon acteur au bon moment : Intervenant en Prévention des Risques Professionnels IPRP, service de prévention et de santé au travail, assistant social ou autre professionnel spécialisé. Le recours à ces acteurs externes apporte compétence, recul, confidentialité et complémentarité, tout en évitant de laisser l’entreprise seule face à une situation qu’elle ne maîtrise pas.
Notre participation, en tant que référent, au Projet 41-21 prolonge cette démarche : partir de l’écoute des travailleurs, évaluer le travail réel et construire des réponses adaptées, au service de la santé des salariés, des dirigeants et de l’entreprise.
Détecter ne signifie pas diagnostiquer. Écouter ne signifie pas soigner. Bien accompagner, c’est aussi savoir passer le relais.
Parce qu’une entreprise robuste commence par des femmes et des hommes que l’on écoute avant qu’ils ne décrochent.
Sources statistiques et références :
- Malakoff Humanis, Étude Absentéisme 2026 – données 2025 (9 juin 2026).
- Malakoff Humanis / emlyon business school, « Fragilités invisibles de la santé mentale des dirigeants de TPE-PME », mise à jour du 24 février 2026.
- Projet 41-21 – projet de recherche fondé sur l’écoute des travailleurs et la santé physique et mentale au travail.

